Les dinosaures étaient ils destinés à être gros ?

Selon la règle de Cope, tout au long de l’évolution, de petites bestioles ont tendance à évoluer vers de grosses bêtes, c’est du moins l’idée attribuée au paléontologue Edward Cope, maintenant connue sous le nom de « règle de Cope ».

En utilisant les dernières méthodes avancées de modélisation statistique, un nouveau test de cette règle, telle qu’elle s’applique aux dinosaures montre que Cope avait raison – parfois. « Pendant longtemps, les dinosaures étaient l’exemple type de la règle de Cope« , explique Gene Hunt, conservateur au département de paléobiologie au National Museum of Natural History (NMNH) de Washington, d’autres groupes, en particulier les mammifères, fournissent beaucoup d’autres exemples classiques de la règle, selon Hunt.

Pour voir si la « règle de Cope » s’applique vraiment aux dinosaures, Gene Hunt et Richard Fitzjohn de l’Université de Colombie-Britannique et Matthew Carrano du NMNH ont utilisé des os de cuisse de dinosaures (notamment fémurs) comme représentatif de la taille de ces animaux. Ils ont ensuite utilisé ces données dans leur modèle statistique à la recherche de deux choses : les tendances au fil du temps de variation de la taille et les éventuelles limites supérieure détectables dans la taille du corps.

Ils ont regardé à travers l’arbre généalogique des dinosaures et ont constaté que certains groupes, ou clades, de dinosaures ont plus tendance au fil du temps à grossir, suivant la « règle de Cope ».

Les Cératopsidés et les Hadrosaures, par exemple, montrent plus d’augmentation de taille au fil du temps, que de diminution selon Hunt. Bien que les oiseaux ont évolués à partir des dinosaures théropodes, l’équipe les a exclus de l’étude en raison de la pression évolutive rencontrée par les oiseaux pour s’alléger et devenir plus petits afin de mieux voler.

En ce qui concerne les limites supérieures à la taille, les résultats sont parfois oui, parfois non. Les Sauropodes (long cou, petite tête et végétivores) et les Ornithopodes (Iguanodon, Cératopsidés) ne montraient aucun signe de limites supérieures à leur taille. Et en effet, ces groupes contiennent les plus grands animaux terrestres qui ont existé.

Les Théropodes, par contre, qui comprennent le célèbre Tyrannosaurus rex, ont effectivement montré ce qui semble être la limite supérieure de leur taille. Ce n’est pas surprenant, car selon Hunt, Les théropodes étaient bipèdes, et il y a des limites physiques à la façon de déplacer un corps massif sur deux pattes. Quant à savoir pourquoi la « règle de Cope » fonctionne, c’est n’est pas très bien compris, selon Hunt. « Elle s’applique parfois, mais pas toujours... ».

L’idée traditionnelle que « bigger is better » (plus c’est gros mieux c’est), parce on suppose qu’un animal plus gros est moins susceptible d’être la proie est naïve, affirme le paléontologue Hunt. Après tout, même les plus grands animaux commencent assez petit pour être une proie et passent un long moment de leur vie en étant vulnérable, avant de grandir et d’être gigantesque.

Hunt, Gene, 2012 , Were dinosaurs destined to be big? Testing Cope’s rule. Geological Society of America , Vol. 44, No. 7, p.138 , p.138.

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