Un fossile de rongeur de 160 millions d’années

La découverte en Chine d’un fossile de rongeur de 160 millions d’années par une équipe internationale de paléontologues, et publié dans la revue américaine Science en août 2013, contribue à expliquer comment les petits mammifères préhistoriques ont prospéré au temps des dinosaures.

Ces restes fossilisés appartiennent au plus ancien mammifère multituberculé identifié à ce jour. Ces animaux, des petits rongeurs, ont disparu il y a plus de 60 millions d’années.

Les fossiles appartiennent à une nouvelle espèce de mammifère multituberculé, baptisée Rugosodon eurasiaticus, qui ressemble à un rat. Les multituberculés ont prospéré durant l’époque géologique du Crétacé (-145 à -65,5 millions d’années), durant laquelle vivaient des dinosaures.

Rugosodon eurasiaticus.

Selon les paléontologues, le squelette fossile presque complet de ce spécimen d’environ 17 cm de long fournit des indices clé sur les traits anatomiques qui ont permis aux multituberculés de s’adapter avec succès à leur environnement, à l’instar des dents servant à ronger des plantes mais aussi de la chair animale.

Les scientifiques, dont Chong-Xi Yuan, de l’Académie des sciences géologiques à Pékin et l’un des principaux auteurs de la découverte, relèvent que le Rugosodon a ouvert la voie à l’émergence de mammifères friands de végétaux et vivant dans les arbres.

Rugosodon eurasiaticus.

Comme les rongeurs d’aujourd’hui, les multituberculés occupaient une très grande variété de niches écologiques, que ce soit en surface, en sous-sol ou dans les arbres.

Les scientifiques précisent que ce nouveau fossile possédait un grand nombre de traits dont les espèces apparues ultérieurement ont hérités.

L’un des chercheurs coauteur de l’étude, Zhe-Xi Luo, de l’Université de Chicago, indique que « Les espèces de multituberculés qui vivaient à la fin du Crétacé étaient extrêmement fonctionnelles et diversifiées. Certains animaux pouvaient sauter, d’autres creuser des galeries, d’autres encore grimper aux arbres. Enfin, beaucoup vivaient en surface ».

Mammifère préhistorique.

Il poursuite en ajoutant que « Ce qui est surprenant quant à la découverte du Rugosodon, ce sont les caractéristiques de ses chevilles. Elles permettaient des rotations importantes adaptées à la vie dans les arbres, or cet animal vivait au niveau du sol ».

Le Rugosodon aurait ainsi ouvert la voie à l’émergence de mammifères se nourrissant de végétaux et vivant dans les arbres. Cette découverte contribue à expliquer comment les petits mammifères préhistoriques ont prospéré au temps des dinosaures.

Article en anglais : Earliest Evolution of Multituberculate Mammals Revealed by a New Jurassic Fossil.

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