Dinosaures : comment les reconnaître ?

 

DINOSAURES : COMMENT LES RECONNAITRE ET LES DISTINGUER DES AUTRES REPTILES MESOZOIQUES : les 9 homologies dinosauriennes.

Trop souvent encore les profanes, voire certains livres de vulgarisation, ne distinguent pas les dinosaures de leurs contemporains mosasaures, plésiosaures, ichtyosaures, et ptérosaures.

Il n’y a pas de dinosaures (sensu stricto) volants ou nageants. Pas d’ailes ou de palettes natatoires chez les dinosaures.

Tous se déplacent sur deux ou quatre pattes, qui, chose curieuse pour des « reptiles », sont redressées bien à l’aplomb en dessous du corps, et non pas en position latérale comme chez les lézards ou les sauriens (crocodiles,…).

Il existe de nombreuses pistes d’empreintes fossilisées qui en témoignent. Or les dinosaures forment bien un groupe monophyllétique (Jacques Gauthier – 1986, et Michael Benton – 1990).

Que ce soit un ornithischien ou un saurischien, chaque dinosaure possède, en principe, une série de 9 homologies. Selon le paléontologue Philippe Taquet du Museum de Paris, les dinosaures possèdent tous 9 homologies, comme il l’indique dans son excellent livre, « Grandeur et décadence des dinosaures« , chez Odile Jacob.

La classification moderne est basée sur la « cladistique », une méthode de classification inventée par l’entomologiste Willi Henning.

Nous allons donc présenter les 9 homologies typiquement dinosauriennes.

Une homologie étant une ressemblance entre plusieurs espèces d’organes ou de parties d’organes dont on pense qu’elle provient de l’héritage d’un ancêtre commun. Notons au passage que la plume n’est plus une homologie avienne puisque les dinosaures à plumes ont existé, reste à définir un oiseau maintenant…

Tout d’abord localisons ces 9 homologies sur un squelette d’iguanodon bernissartensis :

Dinosaure iguanodon.

 

Dinosaures : homologie N°1

Les vomers (os du palais) sont très allongés et ils atteignent ou même dépassent le bord antérieur de la fenêtre antéorbitaire. Ce sont des os du palais qui s’étendent du bout du museau jusqu’à cette cavité qui est située devant l’orbite oculaire. Ces vomers sont souvent difficilement observables, car il faut une excellente préparation du fossile, et la prise de vue est très difficile, notamment derrière une vitrine. Cependant sur cette copie de tête osseuse de Tyranosaurus Rex, on peut parfaitement s’en rendre compte ainsi que sur les schémas suivants.

Dinosaure Tyranosaurus Rex.
Tyranosaurus Rex

Vomers du Tyranosaurus Rex.

Vomers du Tyranosaurus Rex.

Tête de Tyranosaurus Rex.

Tête de Tyranosaurus Rex.

Sur la tête osseuse d’iguanodon, on constate la même chose bien que cela soit plus difficile à observer compte tenu de la très petite taille de la fenêtre antéorbitaire marquée « ao » sur le schéma).

Dinosaure : tête d'iguanodon.

 

Dinosaures : homologie N°2

Il faut au moins trois vertèbres soudées pour constituer le sacrum. Selon les espèces il peut donc y en avoir plus.
Voyons quelques cas :

Chez Iguanodon Bernissartensis il y a 7 vertèbres sacrées soudées.
Chez Iguanodon Bernissartensis : 7 vertèbres sacrées soudéesDinosaure atlasaurus imelakei.
Atlasaurus imelakeiBrachiosaurus brancai et ses 5 vertèbres sacrées soudées.
Brachiosaurus brancai et ses 5 vertèbres sacrées soudéesStégosaure et ses 4 vertèbres sacrées soudées.
Stégosaure et ses 4 vertèbres sacrées soudées

Dinosaure : vertèbres soudées du stégosaure.

Dinosaure : vertèbres soudées du stégosaure.

 

Dinosaures : homologie N°3

La cavité glénoïde est tournée vers l’arrière. Cette cavité articulaire de l’épaule recevant la tête de l’humérus est formée par la scapula (= omoplate), et le coracoïde. En se positionnant sous la cage thoracique des dinosaures on peut parfaitement observer cette orientation vers l’arrière, ce que l’on ne peut observer chez les crocodiles où cette facette articulaire est positionnée latéralement.

Dinosaure : cavité glénoïde.

 

Dinosaures : homologie N°4

L’humérus possède une crête delto-pectorale mesurant entre 1/3 et 1/2 de la longueur du corps de l’humérus. Cette crête osseuse permet l’insertion des muscles releveurs du bras.

Humérus de dinosaure.

 

Dinosaures : homologie N°5

Le 4ème doigt de la main, quand il existe, ne possède que 3 phalanges. A ce propos, il arrive de voir sur certains squelettes exposés dans des musées comme à Londres, Francfort ou New York une phalange en trop. Par contre celui de Stuttgart est correct. On a copié même les erreurs de montage à partir, sans doute de celui de New York. Dans l’excellent livre :  » The dinosauria  » de Weishampel, Osmolska et Dodson, on peut vérifier l’exactitude de ce détail anatomique.

Dinosaure : doigts.

 

Dinosaures : homologie N°6

L’acétabulum est largement ou complètement ouvert. La cavité acétabulaire ou articulation de la hanche reçoit la tête du fémur latéralement.

Dinosaure : acétabulum et crête supra-acétabulaire proéminente.
Notez que la crête supra-acétabulaire proéminente empêche tout mouvement latéral de la patte, et agit comme un cran d’arrêt.

 

Dinosaures : homologie N°7

La tête du fémur est en forme de boule, et elle est complètement déjetée avec un col du fémur distinct.

Articulation de la hanche du Diplodocus.
Articulation de la hanche du Diplodocus

 

Dinosaures : homologie N°8

Le processus ascendant de l’astragale est développé. Deux remarques : cela est vrai chez tous les dinosaures sauf chez les sauropodes, qui, aux dires du spécialistes, ont perdu cette homologie qui cependant est présente chez leurs ancêtres prosauropodes comme par exemple chez les platéosaures. Autre curiosité : le processus ascendant de l’astragale est très développé chez l’archéoptéryx dont le squelette rappelle plus celui d’un dinosaure par ses homologies que celui d’un oiseau. La plume n’étant plus une homologie avienne, on peut se demander où classer l’archéoptéryx au squelette de dinosaure mais au cerveau d’oiseau. Ne serait-il qu’un essai raté, une voie de garage de l’évolution ?

Astragale chez les dinosaures.

 

Processus ascendant de l'astragale du Triceratops.
Tricératops
Processus ascendant de l'astragale chez Archéoptéryx.
Astragale et processus
ascendant d’Archéoptéryx
Processus ascendant de l'astragale chez Archeopteryx.
Archéoptéryx

 

Processus ascendant de l'astragale du Tyranosaure.
Processus ascendant de l’astragale du Tyranosaure

 

Dinosaures : homologie N°9

Le péroné est réduit par rapport au tibia. Remarque : chez les lourds sauropodes, cette différence est vraie mais peu marquée.

Dinosaure Plateosaure.

Dinosaure Plateosaure.

Plateosaure.

Plateosaure.

Iguanodon.

Iguanodon.

Chez Platéosaure et chez Iguanodon ci-dessus.

Stégosaure, dinosaure phytophage.Stegosaure.

Chez le Stégosaure.

 

En résumé, qui sont les dinosaures ?

Ils appartiennent au grand groupe des archosaures, ceux que l’on appelle couramment les reptiles, terme ambigu compte tenu qu’ils ne rampent pas tous !

Les dinosaures ont des membres redressés à l’aplomb du corps.

Tous ces archosaures ont un caractère commun dans leur crâne : une fenêtre antéorbitaire. Les ancêtres des dinosaures, les thécodontes (= dents mammelonnées), possédaient aussi cette fenêtre antéorbitaire, de même que leurs descendants : les oiseaux.

Fenêtre antéorbitaire des dinosaures.

Fenêtre antéorbitaire des dinosaures.

La majorité des archosaures n’existe plus aujourd’hui. Cependant, il reste les « crocodiles » et les « oiseaux ».

Dinosaures et reptiles.

Dinosaures et reptiles.

La classification animale est donc entièrement à revoir, en fonction de la cladistique…

Dès lors, on ne s’étonnera plus d’entendre les propos suivants, tenus par le paléontologue américain Bob Bakker : « Quand vous verrez un vol d’oies du Canada passer au dessus de vos têtes, dites-vous : les dinosaures migrent ! « 
Et Bakker a aussi tenu le propos ci-dessous :T-rex, dinosaure carnivore.

Par André Holbecq.

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